août 2016

L’ambition congolaise de Moïse Katumbi

By Sabine CESSOU
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Ex-entrepreneur, ex-gouverneur du Katanga, patron d’un club de foot, il se veut aujourd’hui homme d’État. Il a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle en RDC prévue fi n novembre 2016. Rencontre avec un personnage sûr de son destin, certainement courageux. Et peut-être idéaliste.

Moïse Katumbi reçoit chez lui, le 7 juillet, dans un quartier chic de Bruxelles. Dans son immeuble, pas de sécurité renforcée. Il se tient lui-même devant sa porte grande ouverte, costume sombre sur une chemise blanche, le sourire aux lèvres. L’opposant congolais brigue la succession de Joseph Kabila à la présidence de la République démocratique du Congo (RDC), quatrième pays le plus peuplé du continent – 77 millions d’habitants au coeur de l’Afrique centrale. L’enjeu est colossal : une alternance pacifique dans ce pays serait une première dans son histoire tourmentée, mais aussi en Afrique centrale, une région où les présidents sont toujours, en 2016, tentés de l’être à vie.

Il invite à prendre place dans l’un des fauteuils en cuir de couleur crème de son salon. La pièce est simple, mais son décor fait penser plus à Lubumbashi qu’à Bruxelles : longs rideaux beiges, tapis rouge et une bibliothèque en bois sombre où sont disposés des livres et des objets – un chapeau, des prix, des coupes, des souvenirs et des trophées. Moïse Katumbi garde un oeil sur la télévision, qui reste allumée, et l’autre sur l’un de ses téléphones, où il reçoit sans cesse des appels ou des messages WhatsApp. Il décroche quand c’est urgent et s’excuse un moment pour répondre en anglais ou en swahili, afin de régler les questions d’intendance liées aux déplacements de son club de football, le Tout Puissant Mazembe. Cette équipe qui gagne est l’un de ses meilleurs atouts en termes de popularité…

« Le foot, c’est tout ce qui compte ici », nous a lancé quelques jours avant notre visite à Bruxelles un confrère congolais en reportage au Katanga, rappelant de façon laconique que Moïse Katumbi, ancien gouverneur de cette province minière entre 2007 et janvier 2016, est « d’abord et avant tout un homme d’affaires ». Ce bâtisseur, qui se voit désormais à la présidence de la RDC, est l’une des plus grosses fortunes d’Afrique, dont le montant reste un secret bien gardé.

FILS ET FRÈRE D’ENTREPRENEURS
Métis, issu d’un mariage entre un Juif grec chef d’entreprise et une Congolaise de l’ethnie bemba, femme au foyer, il est né à Kashobwe, un village du Haut-Katanga proche de la frontière zambienne, dans une fratrie de douze enfants – six garçons et six filles, dont deux paires de jumeaux. Ayant perdu son père à l’âge 9 ans, il a été élevé par son demi-frère Raphaël Katebe Katoto, un entrepreneur de vingt ans son aîné, l’une des personnes dont il est le plus proche. « Demifrère, chez nous ça ne veut rien dire, explique-t-il. Nous sommes frères. » De même, il balaie d’un revers de la main les questions liées à son teint. Il se dit Congolais et rappelle qu’il n’est pas le premier métis de la vie politique de son pays. « Kengo wa Dondo, ancien Premier ministre, a été candidat à la présidence de la République. Les gens qui disent que je ne suis pas Congolais ne sont même pas nés au Congo… Voyez où cette histoire a mené la Côte d’Ivoire. Ce sont des bêtises ! »

Très croyant, baptisé à 9 ans, il a été surnommé « Petit Moïse » pendant ses années d’internat chez les Bénédictins, où son frère l’a envoyé en 1980. « Ce n’était pas une école de riches et les conditions étaient difficiles », se souvient-il. Il s’est adapté, seul élève de son âge à y terminer son cycle primaire, avant de faire ses « humanités » – l’équivalent du baccalauréat français. C’est chez les bons pères, sur la route de Likasi, qu’il a entamé une longue carrière de mécène, économisant sur son argent de poche pour aider ses camarades à payer leur « minerval », le terme de l’ex-colonisateur belge pour les frais de scolarité.

Son prénom lui permet-il de se positionner aujourd’hui comme le « sauveur » que voit en lui Raphaël ? Il n’est pas prêt à exploiter ce filon trop facile. « Quand ma mère m’a baptisé, je n’avais pas de projet politique, répond-il. J’ai construit une grande église à Kitwe, en Zambie, où j’ai vécu en exil de 1997 à 2003. Je n’avais pas non plus la politique en tête à l’époque. C’est entre moi et mon Dieu ! »

Lui-même père de six garçons, dont les deux cadets sont issus de son mariage avec Karine, d’origine burundaise, il reste discret sur sa vie privée et évoque plus volontiers sa carrière. Son frère lui a mis le pied à l’étrier très jeune, l’emmenant pendant les vacances faire du négoce autour du poisson. « Moïse était mon préféré », témoigne au téléphone Raphaël Katebe Katoto, qui ne tarit pas d’éloge sur son « phénomène » de frère. « Dès son plus jeune âge, il a toujours été quelqu’un de droit, d’obéissant et qui se comportait de manière exemplaire. »

Après le bac, Raphaël l’envoie étudier la gestion à l’université de Kitwe, en Zambie. Une ville distante de 187 kilomètres de Lubumbashi, où il prend des cours du soir. « Le plus grand industriel de la RDC, c’est Raphaël, souligne de son côté Moïse Katumbi. Nous avions les activités de transport de cuivre avec l’entreprise publique de la Gécamines depuis 1974, et les pêcheries industrielles à partir du lac Moero. »

En 1997, à la chute de Mobutu, l’incertitude politique le pousse à rester à Kitwe, où il investit dans une mine d’émeraudes. De retour en RDC en 2003, il convoite des gisements de cuivre du Katanga, à la faveur de la privatisation de la Gécamines. Mais se voit refuser la mine de Kamoto, aux réserves prouvées. Les autorités refusent son dossier, préférant négocier avec des investisseurs étrangers. « Je suis un bosseur. J’étais très fâché ! se souvient-il. Quand j’ai un projet, je veux le terminer, je crois que c’est le plus important dans la vie. » Il mise avec Amphil Mining, basée aux Philippines, dans l’exploration du site de Kinsevere, prenant le risque d’y investir 40 millions de dollars. Son pari réussit. Un gisement important de cuivre est découvert, lui permettant de revendre ses parts et de se diversifier. Avec le recul, il revient non sans dérision sur son entrée en politique. Il a d’abord soutenu la campagne de Joseph Kabila en 2006, date à laquelle il a voté pour la première fois de sa vie, comme bien des Congolais. « Ces politiciens sont arrivés au pouvoir à vélo et n’ont pas hérité d’une seule maison en ville. D’où viennent leurs avoirs actuels ? Ceux qui m’attaquent oublient que j’ai mis ma limousine à la disposition de Joseph Kabila pour sa campagne. »

Récompensé pour ses largesses, il est nommé en 2007 gouverneur du Katanga – une province qui est aussi le fief de Kabila. Une fonction qu’il envisage d’exercer proprement. Il cède alors sa place dans toutes les sociétés de la famille, et vend ses activités de transport du cuivre par camion. « Pas une seule fois, ma femme n’a mis les pieds dans mon bureau de gouverneur », explique-t-il, tout en reprenant la série de chiffres qui attestent de ses talents de gestionnaire à la tête d’une province grande comme la France. « Le Katanga est passé du troisième au premier rang des contributeurs au budget de l’État, avec des recettes qui ont bondi de 18 millions à 1,2 milliard de dollars par an. » Le redressement, mené par une équipe soudée qu’il a constituée autour de lui, n’a pas été sans mal. Il a impliqué que la province cesse de « couler » et déclare enfin les exportations de minerai qui partent par camion. « Les douaniers arrivaient au travail à 11 heures et repartaient à 14 heures. À 6h30 du matin, je les attendais devant la porte. J’en ai suspendu beaucoup, et je leur ai expliqué qu’il fallait changer de mentalité. » Face aux manoeuvres du pouvoir pour reporter l’élection présidentielle de 2016, il prend ses distances, persuadé que le pays perdra les acquis de dix ans de paix et qu’il ne s’en sortira pas s’il rate le coche de l’alternance. Il annonce le 4 octobre 2015 sa démission du poste de gouverneur et du parti présidentiel. Un mois plus tard, le 8 novembre, il vend la Mining Company Katanga (MCK), une société de génie civil, au groupe de logistique français Necotrans, l’un des concurrents de Bolloré. « Necotrans voulait nous racheter depuis 2014 car notre société était très prospère. J’ai dit à ma famille d’attendre que je quitte le gouvernorat, pour qu’on ne m’accuse pas de faire des affaires en tant que gouverneur. » Aurait-il vendu pour protéger son patrimoine et le placer à l’étranger, compte tenu des risques qu’il encourt en tant qu’opposant ? Il hausse les sourcils, surpris. Il conserve des intérêts dans l’immobilier, le transport et l’agriculture. « Notre patrimoine se trouve au Congo, répond-il. Si je devais me lancer à nouveau dans les affaires, je le ferais au Congo ou dans un autre pays africain ! » Quant à savoir s’il est prêt à financer une rébellion, à la manière d’autres hommes politiques congolais avant lui, c’est un sujet qui le fâche encore plus… « Nous respectons la loi et notre engagement est pacifique », lâche-t-il.

UNE FIGURE POPULAIRE
Il se présente lui-même comme la deuxième ou troisième fortune de RDC, mais ne figure pas dans les classements des magazines économiques, parce qu’il est aussi un homme politique. « Je ne suis pas un parvenu, dit-il. Mes amis d’enfance viennent des familles de banlieue de Lubumbashi. Je n’aimais pas les enfants des opérateurs économiques quand j’étais jeune, car ils jouaient entre eux. » Il insiste d’ailleurs sur ce point : « Ce qui est important pour moi, c’est le Moïse de l’enfance, celui qui vit avec ses amis et partage avec les autres. » Inutile, cependant, d’aller lui demander 500 dollars juste parce qu’il les a. « Les gens connaissent ma logique, dit-il. Si l’on vient me voir avec un problème, par exemple un père de famille sans travail qui a perdu son épouse, dont le corps est bloqué à la morgue parce qu’il n’a pas les 25 euros que coûte le cercueil, j’envoie des gens vérifier que c’est vrai, puis j’aide. Comment pourrais-je garder 500 000 dollars et voir de pareilles choses dans mon pays ? »

Quant à ses intimes, parmi lesquels des diplomates, ils comptent effectivement pour lui. « Moïse est un homme simple et attentionné, témoigne une proche du couple Katumbi. Ceux qui sous-estiment sa popularité se trompent : dès qu’il sort à Lubumbashi, une foule compacte se rassemble aussitôt autour de lui. J’ai été bloquée dans sa voiture pendant plus d’une heure en mars. » Il sourit. « Partout où je passe, les gens courent… »

Est-il aussi populaire dans le reste du Congo ? La question revient en boucle, pernicieuse, parmi les mauvaises langues, de plus en plus nombreuses à vouloir mettre en doute ses capacités. Moïse Katumbi n’est pas seulement vilipendé par les médias d’État en RDC, qui relaient à qui mieux mieux les accusations de la justice qui se multiplient à son encontre : recrutement de mercenaires, prétendue spoliation d’une maison à Lubumbashi qui appartient en réalité à son propre frère, une affaire qui lui a valu trois ans de prison ferme et 1 million de dollars d’amende, lors d’un procès qui s’est tenu le 22 mai en son absence et où ses avocats n’ont pas été autorisés à plaider. Les révélations faites le 26 juillet par la juge Chantal Ramazani Wazuri lui donnent raison. Elle a dénoncé les « contraintes physiques et morales » exercées contre elle par le patron des services secrets, avant un verdict qui visait à rendre l’opposant inéligible.

À Paris, ses manières décontractées et peu serviles n’ont pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Des sources politiques le décrivent comme un businessman qui n’aurait pas la carrure d’un homme d’État, faute de projet. « Mon programme, réplique-t-il, consiste à construire un État de droit avec un système éducatif fort, l’accès aux services de santé et des efforts pour diversifier l’économie. »

Il suit heure par heure les informations en provenance de Kinshasa, où le ministre de la Communication et des Médias Lambert Mende n’a plus de mots assez durs pour lui. « Je me fais insulter tous les jours, mais je suis confiant car ma conscience est tranquille. Les gens savent qui a fait quoi au Congo… Si j’étais un parvenu en train de piller les trésors publics, la population se soulèverait contre moi ! »

SON RETOUR EN RDC, UN QUITTE OU DOUBLE
Les Congolais, il le clame sans détour, représentent son « armée ». Il compte sur eux pour imposer une nouvelle donne à son retour en RDC, qu’il annonce sans crainte pour les semaines qui viennent à Kinshasa, la capitale. Dans cette ville, il fait peur aux autorités. Elles ont tout fait pour l’empêcher d’assister aux obsèques du chanteur Papa Wemba, le 2 mai dernier. Un événement qui aurait pu se transformer en tribune politique. La foule compacte qui attendait le corps du chanteur à l’aéroport, le 29 avril, n’a pas hésité à entonner des chants en faveur de l’opposition.

Une foule tout aussi dense attendait Katumbi lors son arrivée mouvementée aux portes du palais de justice de Lubumbashi, le 13 mai, accompagné de milliers de ses partisans et de dizaines d’avocats prêts à plaider gratuitement. Il était convoqué pour la troisième fois pour répondre à des accusations de recrutement de mercenaires. En fait, il a été ainsi privé de ses gardes du corps, tous arrêtés. « Un dossier fantaisiste et mal ficelé pour lequel les autorités ont d’abord mentionné le nombre de 600 mercenaires, puis 458, puis 12 », dit-il. Aux portes du tribunal, la police a tiré des gaz lacrymogènes, jeté des pierres sur son véhicule, et un homme en cagoule qu’il soupçonne d’être un policier l’a piqué dans le dos avec une seringue infectée – provoquant une insuffisance respiratoire constatée par ses médecins, mais aussi par les trois experts envoyés par la justice congolaise, qui l’ont autorisé à quitter le territoire national le 20 mai, à bord d’un avion médicalisé. Il s’est alors rendu en Afrique du Sud, puis en Allemagne et en Grande-Bretagne, pour y faire des analyses. Il a séjourné tout le mois de juin dans sa maison de Londres, acquise en 1997, le temps de se remettre.

Alors qu’on le disait à terre, il a repris pied sur le ring en juillet, plus déterminé que jamais. Avec une opposition partie comme à son habitude en ordre dispersé, il oeuvre à ce qui serait une grande première en RDC : une candidature unique autour de son nom. Il s’est rendu à Washington début juillet puis à Paris avec l’opposant historique Étienne Tshisekedi, pour y rencontrer les autorités et défendre sa cause : l’organisation de la présidentielle en novembre, comme prévu par la Constitution. Le pouvoir, de son côté, tergiverse. Il ne peut pas réviser la loi fondamentale par référendum comme à Brazzaville, sur l’autre rive du fleuve Congo, la rue ayant vivement réagi à Kinshasa en janvier 2015 face à une première tentative d’amendement d’une simple loi électorale. Les émeutes ont fait quarante-deux morts, la police ayant tiré à balles réelles sur les manifestants. La mouvance présidentielle vise un « glissement » du calendrier électoral pour mieux permettre à Joseph Kabila, 45 ans, de se maintenir à un poste qu’il occupe depuis 2001. La répression couve en RDC, où le pouvoir s’emploie à discréditer l’opposition et à se présenter comme le seul garant de la stabilité – au risque, comme au Burundi voisin, de replonger le pays dans la guerre civile.

« JE SUIS UN HOMME D’ÉTAT »
Contrairement à l’image qu’on lui prête, il ne compte pas trop sur ses soutiens américains, qui pressent depuis 2014 Kinshasa d’organiser les élections, pour faire le travail à sa place. « Je ne laisserai pas le président Kabila faire un jour de plus au pouvoir, répète-t-il. La Constitution est très claire. Je vais rentrer pour faire face à ces fausses accusations contre moi, des mensonges flagrants. » Que fera-t-il si des policiers l’attendent à l’aéroport ? « Il n’y a pas de problème, répond-il. Je vais dire à ce gouvernement que ma conscience est tranquille. »

L’épreuve de force s’annonce rude en RDC. À en juger par les exemples donnés par le Congo, le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda, elle risque de tourner en défaveur du candidat Katumbi. Celui-ci, réticent à commenter la situation chez les voisins, préfère s’en tenir au destin de son pays. « Les Congolais iront voter, c’est tout ! », assène-t-il. Il promet de faire fonctionner la justice « si la roue tourne », mais ne s’acharne pas contre Joseph Kabila, auquel il propose avec un certain fair-play le respect dû à un ancien chef d’État. En attendant de voir comment tournera la partie de poker en cours en RDC, il continue de méditer sur les leçons données par ses modèles en politique : Léopold Sédar Senghor et Nelson Mandela, « parce qu’ils ont eu l’intelligence de partir ». Il lit des traités d’économie, des biographies de Winston Churchill, Charles de Gaulle, Jacques Chirac et François Mitterrand… Sans oublier le pape François, qu’il trouve « magnifique ». Il paraît déterminé à renouer avec ses journées telles qu’il les passe au pays : réveil à 5 heures, quarante-cinq minutes de tennis, douche, petit déjeuner, bureau et audiences, puis de nouveau son tennis à 16 heures et la salle de musculation jusqu’à 19 heures. Son rêve ? « Que le Congo soit une vraie République démocratique avec un grand “D”. S’il connaît sa première alternance, ce pays ira en cinq ans vers le développement. Je rêve d’un Congo où chacun pourra vivre et que tout le monde pourra visiter sans barrière de visa. Il faut voir le lac Moero – c’est Monaco ! Il faut voir les chutes de Kaloba, les plus hautes d’Afrique ! Je rêve d’un pays qui réalise enfin son potentiel. En cinquante-six ans d’indépendance, nous n’avons pas construit le quart de ce que les Belges ont laissé… Il faut dire la vérité ! »

Il veut transformer l’essai, et passer de mécène à décideur en prenant des risques calculés, comme en affaires. « Je suis un homme d’État, n’allons pas plus loin », glisse-t-il dans la conversation, se refusant à calomnier ses adversaires… Le businessman a les moyens de son avenir politique. Soupçonné de vouloir acheter les consciences, il répond : « Le peuple congolais n’est pas achetable. Il voit les résultats. Il est en train d’attendre le changement. Ce que le président Kabila n’a pas prouvé en quinze ans, comment veut-il le prouver plus tard encore ? »

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